jeudi 29 juillet 2010

Repas type 1 mois après l'opération

Bonjour bonjour!

Voici un apperçu de ce que je mange. Ce n'est pas que je sois un exemple, c'est surtout pour vous informer des quantités que l'on peut ingérer à ce stade post op.

Le matin:

Je mange un bout de melon coupé en fines tranches. Ca passe mieux que le lait et les biscuits, en plus c'est frais.


Voici donc le melon avant le meurtre:


Et après.

Voyez, la tranche n'est pas très épaisse.

Une fois coupé ça donne ça (c'est une petite assiette et une petite fourchette.)

Le midi:

Je mange juste un bout de fromage, car c'est le repas que j'ai le plus de mal à digérer.

En terme de quantité, voici le fromage avant:

Et le fromage après (voyez, par rapport à la taille du couteau, c'est un petit fromage.)
Le soir:

Le soir je mange beaucoup plus car ça passe mieux que le midi.

Exemple d'une assiette de personne "normale": (c'est du couscous)

Mon assiette:

Mon assiette après découpe des aliments:

Et enfin: mon assiette à la fin du repas:


Donc voilà, on en est pas au stade du bouillon des premiers jours, mais on est quand même loin de la quantité que j'ingurgitais avant.

Dans la soirée:

Après mes médicaments, un petit remontant!!




Deux ou trois petites choses à savoir...

- Pensez à vous faire prescrire des anti-acides pour l'estomac DES VOTRE SORTIE DE L'HÔPITAL. Moi ils ont omis ce détail, ça m'a bien pourri la vie la première semaine. J'ai du aller voir mon médecin qui m'a prescrit de l'ogastoro, ou "ogast", qui fonctionne très bien. Donc pour vous éviter ce genre de désagrément, parlez en au médecin qui signera votre sortie.

- Faites des pauses durant les repas.

- Allongez vous après manger. Si vous sentez la fièvre et la nausée arriver, ne vous figez pas, ne paniquez pas, marchez doucement jusqu'au canapé ou jusqu'au lit le plus proche, allongez vous, respirez fort si vous y arrivez, et essayez de vous détendre, regardez la TV, concentrez vous sur autre chose que sur la douleur. Plus le temps passera plus le temps que vous mettrez à digérer sera rapide.

- Allez voir un psy et une diététicienne obligatoirement. Car il est difficile de s'en sortir seul(e). Il vous faudra des gardes fous.

Grignotages, miams et autres plaisirs neuronaux:

Ce qui passe:

-les petits kinders, type kinder chocolat, très agréables après les médicaments.
-les glaces pas trop grosses (oubliez les magnums, j'ai tenté je ne les finis pas)
-les chips aux crevettes (ça fond dans la bouche, même pas besoin de mâcher)
-les chips tout court (attention, pas avant la 3e semaine et BIEN MÂCHER!)
-le chocolat (pas trop, pas plus d'un petit rang par jour.)
-le fromage qui coule, type vache qui rigole (ok dès la première semaine à laisser fondre dans la bouche) ou fromages de brebis dont la croute n'est pas trop indigeste.
-certains fruits, à savoir: pastèque, melon, abricot, cerises.

Ce qui ne passe pas:

-les gros kinders, type bueno, delice.
-les chips épicées, qui calent trop vite et sont dures à digérer.
-les plats épicés.
-les fromages forts type camembert, roquefort, bleu, même coulommiers.
-pas de crudités avant le premier mois.
-certains fruits, à savoir: banane, pomme, orange.

Impératif dans toutes les chirurgies de l'estomac: pas de soda, ni rien qui fasse des bulles, car cela dilate l'estomac.

Pour y remédier, je bois des jus de fruits (100% jus, sans sucres ajoutés, attention aux nectars et autres jus de fruit ne portant pas cette indication, certains dépassent 50% de sucre.)

Voilà! Si vous avez des questions, n'hésitez pas!

lundi 26 juillet 2010

Le solide.

"Le gras c'est la vie".
Citation du chevalier Karadoc dans Kaamelott.

Je suis assez d'accord avec Karadoc, lors de ma reprise de l'alimentation solide, j'ai un peu tendance à vouloir me taper un couscous LA TOUT DE SUITE MAINTENANT QUE SI TU ME DONNES PAS CA JE T'ARRACHE LA TÊTE ET JE FAIS DES CHIPOS AVEC.
Je me balade en permanence avec les sigles des kebabs, du mc do, de la glace au nom imprononçable flottant au dessus de ma tête. Je me met à avoir des idées fixes alimentaires particulièrement redoutables.

Ainsi, je mangerai une quiche lorraine à J10, et passerai 30mn à m'en remettre sur le canapé.

Pire encore, à J13, j'apprends que ma grand mère est hospitalisée, je prépare des sandwichs au pain de mie pour déjeuner là bas, vu qu'on risque d'y passer la journée. J'en prépare pour toute la famille, sauf pour moi. Et quand je vois que tout le monde mange et qu'il reste un sandwich au milieu de la table, je le prends et le mange en 2mn. ERREUR FATALE. Car déjà, je ne peux pas m'allonger pour digérer. Je passe quelques minutes de longues souffrances en silence à la cafeteria, puis sors pour fumer en pensant que ça va mieux. Lorsque je retourne dans la chambre de ma grand mère (qui va bien, au passage) pas de chaise pour m'assoir. Je suis prise de fièvre et je commence à transpirer. Lentement mais surement, je m'avance jusqu'au toilettes où j'amorce un combat sans merci contre mon estomac capricieux. Cette fois ci, il gagnera. Immédiatement après je me suis sentie mieux, comme soulagée. Je n'ai curieusement pas eu mal.
Après cet épisode des
plus ragoutants, je n'ai jamais plus provoqué mon estomac jusqu'à me retrouver dans cette situation. Autrement dit, allons y franchement, à part ce jour là, je n'ai jamais vomi.

J15: -12kg. Je vais voir mes collègues toute guillerette, personne ne trouve ma perte spectaculairement visible. Je suis un peu déçue. Ca ne se voit pas alors?

J25: deuxième expédition soldes, il le faut car ça y est, je ne rentre plus dans rien.
Objectif: trouver des fringues taille 52 en bas, 48 en haut, et anticiper pour la rentrée, parce que j'ai pas la bourse à Rotchield non plus. Alors j'achète du 46 wouhouuuu... En fait, le 46 grande taille, c'est pas le même que pour les tailles "normales" hein...

Encore un petit effort...

à J30, je reçois ma dernière piqure, et je fonce à la piscine! Depuis j'y vais deux fois par semaine...
Et voilà! A l'heure où j'écris, je suis opérée depuis 1 mois et 9 jours, et j'en suis à -17kg. Là, plus personne ne nie que ça se voit.

Il y a 1 mois:


Il y a une semaine:

:)

jeudi 22 juillet 2010

Mixé, ô mon mixé, dis moi qui mettra un bikini l'année prochaine?


Mais quelle infâme invention, cette nourriture mixée!!

L'été déboule. Et alors que ma Normandie chérie commence à crouler sous les degrés, je supporte de moins en moins la nourriture liquide ou mixée.
Pour la première fois de ma vie, je commence à voir la salade de crudité comme un plat TRÈS consistant (avant, c'était l'entrée.).
Je bave devant l'assiette de chouchou, qui me fait les gros yeux en voyant que je n'ai pas touché à ma purée de patates douces mixées avec le gigot du déjeuner.
Il fait chaud!
A force de réflexions intenses menées tambours battants par un profond ennui, mon cerveau et moi trouvons la solution à ma frustration de fraicheur: LA GLACE!!

Ne jubilez pas tout de suite, oubliez la glace au nom imprononçable (et in-inscriptible).
Non! Le sorbet, ou alors, mon nouveau meilleur ami: le mister freeze! Ça passe tout seul, ça ronchonne dans la famille "ça t'enlèvera pas l'habitude de manger sucré". Pffff quelle bande de rabat joie...

J10: -11kg. Il est temps d'aller faire un peu de shopping (la bonne excuse...)

Je découvre non sans joie: - 3 tailles en haut; -2 tailles en bas.

Je me la pète autant que je peux devant chouchou, qui entre temps a changé de couleur à la vue du ticket de caisse. "Mais j'avais plus rien à me mettre!" dis-je.

"Ca va pas aller en s'arrangeant! Dans un mois tu pourras plus mettre ce que tu viens d'acheter!"

C'est moi ou je suis entourée de gens qui ne comprennent pas les choses essentielles de la vie comme faire du shopping ou manger des misters freeze!???

Le lendemain, je me rends aussi compte que j'ai aussi perdu une taille de soutien gorge... "Ô rage! Ô désespoir!" dis-je avant de m'évanouir telle cette idiote de blanche neige post croquage de pomme.


Bon, branlebas de combat, comment faire pour éviter que tout ça ne finisse par pendouiller?

Je vais chez le médecin pour demander si il n'y a pas une crème spéciale pour aider la peau à se tendre après une opération de ce genre. Après avoir foirfouillé dans toutes les sources d'informations qu'il pouvait avoir aux alentours, il finit par me dire que non, à son grand regret, et au mien aussi.
Vas-y donc pour la crème normale de supermarché, tous les jours après la douche.


Le soir même, je trouve la solution à mes maux d'estomac qui apparaissent après manger:
je mange 3 ou 4 cuillères, je m'allonge. Puis je réitère l'opération. Je digère bien et j'ai moins mal.

A partir du moment où je découvre ça, je commence le solide.

Le retour à la maison




J'ai la chance d'avoir une famille aux petits soins, lors de mon retour à la maison, l'un prend en charge l'infirmière à contacter, l'autre les médicaments, et encore un autre la préparation des repas pour mon petit estomac douillet.

Je dors beaucoup. La fatigue de l'hôpital est toujours présente.
L'infirmière passe, première piqure d'anticoagulants, j'en aurai 29 autres !!

Le lendemain matin, je tente le marché. Me voilà donc à déambuler sur la place du marché. 1h plus tard, je rentre, toute fière, quand l'infirmière passe je lui raconte, et je me fais engueuler! "vous voulez aller trop vite!" bon...
Les repas ne passent pas, et lorsqu'à midi, alors que je tente une mini vérine d'avocats moulus, je déchante, je sens la fièvre me saisir et je vais me coucher. Je ne sortirai de mon sommeil que 4 heures plus tard, épuisée. A partir de ce moment, j'ai peur de manger. J'ai aussi très peur de ne plus jamais pouvoir remanger solide.

Le jour suivant, je tente le liquide plutôt que le mixé. Ça passe. Difficilement, mais ça passe.
A ce moment là, je peux donc quantifier quelle quantité j'ingurgite: une demi tasse.
Je trouve ça bizarre, vraiment trop bizarre!!

1 semaine après l'intervention, je monte sur la balance: -7kg.

Oh!!!

lundi 19 juillet 2010

L'opération (la pratique)




Le 17 Juin 2010, à 7 heures, je rentre à l'hôpital accompagnée de mon père et de chouchou. Je fais la fière, je vais me faire opérer tralalère, sauf que, quand on me dit qu'il n'y a plus de chambres individuelles et qu'on me met avec une dame, je ne pense même pas à lui dire bonjour et je craque, je pleure, quand l'infirmière vient me chercher pour ma douche à la bétadine, elle en profite pour prier mon entourage de partir, me voilà donc seule, livrée à moi même, je ne vous cache pas qu'une partie de moi se demande ce que je fous là.

Je me frotte gaiement à la bétadine en accordant une attention particulière à mon bidon, je me dis que mon estomac vit ses dernières heures, et peut être même moi.
Lorsque j'enfile la ravissante tenue que me donne l'infirmière pour mon départ à l'abattoir, je me rends compte que la chemise de nuit ne ferme pas, elle est trop petite, je ne peux même pas mettre mes bras dedans. J'appelle l'infirmière, qui me répond que c'est la plus grande taille. J'hallucine, dans un département qui fait de la chirurgie de l'obésité, ils n'ont pas de chemise de nuit à ma taille? C'est donc fesses à l'air que je virevolte vers ma chambre. On me pose un drap dessus, et on me donne un antidépresseur pour me détendre, je plane complètement, j'ai envie de dormir mais, dans mon inexplicable panique, j'ai peur que l'anesthésiste ne m'endorme pas si je m'endors de moi même. Alors je lutte.

9h30, deux bonshommes viennent me chercher. Je fais comme dans "urgences", je regarde les néons défiler au dessus de moi. Je suis garée dans un couloir, un patient sort du bloc, il a pas l'air en forme. Qu'est ce que je fous là au fait moi?

Là il y a une infirmière qui vient et se présente, elle est gentille, et elle rigole à mes blagues (ceci explique cela.) elle rigole surtout quand je lui demande si il n'y a vraiment aucun risque que je me réveille pendant l'intervention, je lui dis que j'ai vu ça dans "nip tuck". 5 mn plus tard un jeune homme s'approche et me dit "c'est vous la petite dame qui a peur de vous réveiller pendant l'intervention?" ok, ma réputation est faite. Je respire un grand coup alors qu'on m'amène dans la salle d'opération. Tout le monde se présente, tout le monde est gentil, tout le monde fait des blagues. Mais mince, pourquoi les gens font ils toujours des blagues au moment où j'ai pas la capacité de rire??? On me demande si je veux une couverture chaude, je dis oui, l'anesthésiste me fait un câlin dans les cheveux, l'infirmière me tient ma main et me caresse le bras, j'entends qu'on me dit "vous allez sentir votre tête tourner, vous me direz quand ce sera le cas", puis, plus rien.

J'ouvre les yeux dans une pièce qui me semble très lumineuse, j'ai mal au crane, et surtout... J'ai un tube dans la bouche, et un autre dans le nez, comment je respire moi, avec la narine qui me reste? Je m'étouffe, les infirmières accourent et me disent de respirer, je n'y arrive pas, on me retire le tube de la bouche et je vomis. Je dis à l'infirmière "je veux retourner dans ma chambre" et je l'entends me répondre "pas tout de suite, madame", je regarde l'heure, il est 11h30, je suis en vie, je me rendors.

Je sens qu'on bouge mon petit lit, j'ouvre les yeux, je regarde l'heure: 13h, on me dit "vous allez rentrer dans votre chambre!" youpi !!!! Je rentre et je vois la dame qui partage ma chambre un peu dépitée en me voyant, mais elle rigole quand je lui dis "coucou c'est moiiii !" ça a surement du la changer de l'austérité dont j'avais fait preuve le matin!!
Je dors, je dors, j'ai soif, je dors. Je demande à une infirmière de l'eau, on me dit que je n'aurai pas le droit de boire avant demain, et on me précise que ma mère a appelé, c'est gentil ça, je demande si par hasard on pourrait lui demander de me ramener de l'eau clandestinement, ça les fait rire, re-youpi. Ça me parait très très loin demain, mais vu que je dors tout le temps... J'ouvre les yeux et je trouve mon chouchou et mon père au bord du lit. Ils ont l'air un peu sous le choc. Quoi, ils s'attendaient à me trouver debout à côté de mon lit avec ma valise à la main ou quoi?
J'apprendrai plus tard que j'avais une trace de bleu de méthylène sur la joue, et qu'ils ont cru que c'était une veine...
Ma mère arrive, je l'entrevois légèrement, elle a l'air contente, je me rendors.

Le lendemain, on m'annonce que je vais avoir le TGOD à 10h, c'est en fait une radio pour vérifier que tout va bien et qu'il n'y a pas de fuite au niveau de la cicatrice.
On m'annonce aussi que j'aurais les résultats en fin d'après midi et que si tout va bien, on m'enlèvera ma sonde du nez et je pourrai boire.
La fin d'après midi... C'est loin...
Je passe ma matinée à trouver des subterfuges pour ne plus avoir soif, je me brosse les dents et je garde longtemps de l'eau dans ma bouche, mais rien n'y fait, j'ai soif. Je m'étonne de n'avoir ni faim, ni envie de fumer. Je ne trouve rien à faire alors je dors. Les brancardiers viennent me chercher pour le TGOD à 10h30.

J'arrive sur place, je suis contente mais je déchante vite, on me dit que le produit que je vais devoir boire pour la radio est dégoutant et a des vertus particulièrement vomitives. J'ai peur de vomir et d'ouvrir la cicatrice. J'arrive dans la salle de radio, la dame pas sympa (j'ai pas fait de blagues cette fois!) je précise que je n'ai toujours qu'un drap sur moi car à cause des perfs je ne peux pas m'habiller. J'ai froid. Je bois son produit, effectivement dégoutant. Je ne me sens pas bien. On m'annonce que les radios sont bonnes. Je me sens fiévreuse, je découvrirai plus tard que cette sensation apparaitra à chaque fois que j'ingurgiterai quelque chose juste après un effort physique. Là, l'effort physique consistait à me lever du lit.
Je remonte sur le lit, on me pose un gant d'eau froide sur le front, puis les brancardiers me retrimbalent jusqu'à ma chambre, je lutte contre mon estomac pour ne pas rendre, ça sera également une expérience que je réitèrerai plusieurs fois après mon opération. Finalement je m'en tire vainqueur. Je dors, il est 12h.

14h on tape à la porte, une collègue puis des amis arrivent pour me voir. Il y a du monde! Je suis contente, j'arrive à parler mais la sonde dans le nez me gène de plus en plus, en plus je parle comme daffy duck. "bonne nouvelle!" annonce mon infirmière préférée sur les coups de 17h, "on vous enlève la sonde et vous pouvez boire! Et en bonus, on vous enlève une perf!" cette dernière nouvelle finira d'achever mon périple, à partir de ce moment, je dispose de mon nouveau corps confortablement, sans gène, et j'apprivoise ma nouvelle capacité à boire. En une soirée je ne bois qu'un verre d'eau qui me suffit amplement. Mon frère passe me voir, il se moque de ma démarche (car je marche) et de mon cramponage à ma perf de glucose. C'est de famille, l'humour!

Le lendemain 10h, après le passage du chirurgien pour vérifier que tout est ok, on me donne la permission de rentrer me faire chouchouter par mon entourage.

Le parcours




Je vais vous dire une chose, valable pour tout le monde: chaque parcours est différent.
A force de discuter avec des opéré(e)s sur des forums, et aussi de futures opéré(e)s, force est de constater que les protocoles sont extrêmement différents selon les régions, hôpitaux, cliniques, et même médecins, etc. C'est pourquoi je ne peux commencer cet article en vous disant "voilà ce que vous allez, à coup sur, devoir faire." Il y a une base d'examens commune à tout le monde, mais pour le reste, je ne peux pas vous garantir que ça se passera pareil pour vous.

En ce qui me concerne, donc.

J'ai contacté le pôle nutrition du CHU de Rouen en Octobre 2009. J'ai attendu la réponse un bon mois, puis, j'ai eu un rendez-vous pour février avec un médecin du pôle. La veille du rendez-vous, j'apprends par courrier que celui ci est décalé mi-mars. Premier coup de massue. Pas insurmontable me direz vous, mais bon, un peu énervant quand on attend déjà depuis octobre.
Je finis donc par rencontrer le Dr.G. qui est gentil mais qui ne rit pas à mes blagues (critère déterminant dans la sympathie que peut m'inspirer quelqu'un.).

La machine est néanmoins lancée, je récupère mon premier test: le test de l'apnée du sommeil.
Je me dis que c'est trop cool, je vais avoir un masque et tout, et que je vais pouvoir faire peur à chouchou avec ma tronche de Goldorak, mais que nenni, juste un petit machin à mettre au bout du doigt et qui fait bip bip parce qu'il me tombe régulièrement du doigt.
Je retourne le lendemain rendre cette chose à mon sens inutile, en lui faisant le regard de méchante "si jamais tu dis aux gens que je fais de l'apnée du sommeil, je reviens te sauter dessus à pieds joints.".


Une semaine plus tard, retour chez le Dr.G. pour les résultats: l'appareil ne m'a pas trahie. Je ne fais pas d'apnée. Même pas un petit peu. Quant au docteur, il me prévoit une journée particulièrement chargée, j'ai rendez vous début avril pour:


- une fibroscopie,
- une exploration nutritionnelle,
- un rendez-vous avec une diététicienne,
- une prise de sang.


Le tout bien sur à jeun, mais aussi, pas droit de fumer... Autant dire, j'arrive au CHU hagarde pour la fibroscopie à 9h (vous y passerez tous!)

Bienvenue en enfer. C'est la pire chose que j'ai jamais vécue.
Déjà, le médecin n'est pas sympa (je vous ai dit qu'il fallait qu'on rigole à mes blagues ou pas?),
il me demande de me coucher et de me mettre sur le côté, avant que je me rende compte de quoi que ce soit, les infirmières ont baissé la lumière (pas de fenêtres) et se jettent sur mes pieds et mes mains pour les tenir fermement, le médecin me vaporise un produit amer dans la bouche, et avant que je dise "ouf", il m'enfonce un tube noir dans la gorge, et les infirmière de dire: "respirez!!" (comment on respire avec un truc de la taille d'un cobra dans la bouche?????) en bref, je vomis, je revomis, sauf que je n'ai quasiment rien à vomir, donc je souffre, et on me tient, la torture dure environ 2mn chrono, on me lâche et je pars en maudissant la terre entière (dans ma tête, je suis polie, moi.).

Au final je me rends compte que la chose qu'on m'avait vaporisé dans la bouche au début était une anesthésie locale, qui a fait effet... Après.


A savoir: peut être que vous ferez partie des chanceux qui auront la chance de bénéficier d'une anesthésie locale bien faite, ou même d'une anesthésie générale (oui oui, j'en connais qui se sont vus proposer la chose!)

Après quoi, je vais voir de plus gentils médecins pour l'exploration nutritionnelle. (c'est pas aussi méchant que ça en a l'air!) on m'a mis sous une cloche pour voir combien je brulais de calories au repos (je peux pas vous dire comment ils font!!) et ensuite youpi mon petit scanner pour évaluer ma masse graisseuse.

Après quoi la diététicienne "blablabla" qui tente de me dissuader de faire une chirurgie parce que "quand même vous pourriez faire un régime" sauf que ce qu'elle ne sait pas c'est que les régimes j'en ai fait des centaines de milliers (comment ça, j'exagère?) et que là j'en ai un peu ras la casquette donc laisse moi tranquille.


Après quoi la prise de sang, on me prélève 9 tubes, il est 13h, j'ai faim, et je vais au boulot (vaillante comme je suis!)

Fin avril je revois le Dr.G. avec un certificat de psychiatre me définissant apte à recevoir une opération chirurgicale, passage obligatoire pour qui veut être opéré. Le Dr.G. me dit que tous les résultats sont ok (manquerait plus que j'aie fait la fibroscopie pour rien!) et me fixe un rendez-vous avec le chirurgien pour le 25 Mai.

ENFIIIIIIIIN j'ai mon sésame pour aller voir le grand manitou.


En fait le grand manitou, c'est le Dr.H., un jeune, ce qui m'embête légèrement parce que moi, les chirurgiens, je les préfère vieux et tout pleins d'expérience. Mais bon je prends ce qu'on me donne.

Le Dr.H. ne rigole pas non plus à mes blagues (qui pourtant, sont hilarantes.) il m'informe des risques que je cours: 1% de mortalité pendant l'opération, et 5% en post opératoire. Haha, ouais, d'accord, avec la chance que j'ai, les 1% c'est pour ma pomme. Mais bon, courageuse comme je suis, je signe.

Là il me fixe la date de l'intervention: le 17 Juin 2010, je sors de son bureau blanche comme un linge, comme si on venait de me donner la date de ma mort prochaine.


Rendez vous est pris la semaine d'après avec l'anesthésiste qui me trouve un défaut de coagulation qui pourrait compromettre l'intervention, je suis laissée dans le flou jusqu'au 16 Juin où l'intervention est confirmée pour le lendemain.

L'opération (en théorie)



Voici un article à propos de mon intervention que j'ai trouvé sur internet il y a un certain temps et je ne me souviens plus où...


Sleeve signifie manche ou manchette.C’est ainsi que l’on nomme cette résection (ablation) de l’estomac qui enlève environ les deux tiers de la poche gastrique en laissant un estomac en forme de tube par le biais d’un long agrafage sur toute la hauteur de l’estomac (environ 20 à 25 cm) avec également section de l’estomac.


La taille de l’estomac qui est laissé en place est variable en fonction des chirurgiens. D’une manière générale le tube gastrique est confectionné sur une « bougie », c'est-à-dire un tube qui est introduit au cours de l’opération par la bouche dans l’œsophage et dans l’estomac par les anesthésistes.
Ce tube est d’un calibre variable, la plupart du temps aux alentours de 2 cm de diamètre. Il assure le calibrage de la poche gastrique dont la contenance généralement est de l'ordre de 100 ml après l’opération.

Les suites post opératoires sont généralement rapides. Aucune sonde n’est laissée en place à l’issue de l’opération.(<- ça, c'est pas vrai! Parfois ils laissent une sonde naso gastrique.) Les boissons sont reprises le lendemain de l’intervention chirurgicale et si tout se passe bien l’alimentation le surlendemain. Généralement le retour à domicile peut s’effectuer au cours de cette deuxième journée suivant l’opération.

Une étude récente publiée au printemps rapporte 216 patients opérés entre 2002 et 2005 avec un recul moyen de deux ans. On rapporte une perte d’excès de poids de 58,5 % à un an et 83% à deux ans. Les auteurs mettent sur le même plan les résultats de la sleeve gastrectomie avec le bypass gastrique ou la dérivation bilio-pancréatique.
Par comparaison la perte d’excès de poids moyen après un anneau gastrique est de 50 %. Dans la plupart des cas la gastroplastie verticale calibrée, opération de Mason, atteint 65 % de perte de l’excès de poids, le bypass gastrique 75 %, la dérivation bilio-pancréatique de 85 à 90 %.

Contrairement à l’anneau gastrique, la sleeve gastrectomie ne fait pas appel à la mise en place d’un corps étranger. Les agrafes qui sont utilisées sont identiques à celles utilisées dans d’autres chirurgies, intestin grêle, côlon, et son bien généralement bien intégrées en l’espace de quelques semaines à quelques mois.


Je rajoute que généralement la sleeve est prévue pour les gens dont l'IMC est supérieur à 40, mais inférieur à 50. Au delà de 50, c'est le bypass quasi obligatoire. Bien sur, selon les cas, ce sont les chirurgiens les plus à même de vous conseiller quel type d'opération vous convient.

Bienvenue


Bonjour bonjour! Alors donc, je me présente un petit peu (wouuuh la pression!!) je m'appelle Chloé, j'ai bientôt 24 ans, je vis en Normandie dans la petite mais coquette bourgade de Rouen. J'ai créé ce blog pour moi (bien sur!) mais aussi pour tous ceux qui comme moi, seront amenés à subir une chirurgie de l'estomac dans le but de perdre du poids. Bien sur j'encourage tous ceux qui l'ont déjà eue à se manifester pour faire part de leur expérience. Je vais donc essayer, sans prétention aucune, de vous faire partager un peu mon quotidien de fille qui n'a plus qu'un petit bout d'estomac. Je vous présenterai mon opération, les démarches à suivre, je vous raconterai l'intervention et ensuite (enfin!) je vous dirai comment on vit APRÈS! Car non, la chirurgie n'est pas un coup de baguette magique, et oui, il faudra souffrir, adieu kebabs, mac do, quick, snickers, milka, et tous mes merveilleux amis qui me manquent tant! Voilà un peu le programme du blog! Donc n'espérez pas voir apparaitre ici problèmes de cœur ou autres lamentations car tout ce dont on va parler ici c'est d'estomac, de relents gastriques et d'anticoagulants... Mmmmh... Ça donne faim, non?

Je me suis faite opérer d'une sleeve gastrectomy en juin 2010.
Je pesais alors 140kg pour 1m80. Mon IMC était de 43.